Décès d'un étranger après une garde à vue : l'enquête relancée
lundi 9 juin 2008 / 23:42
Par Valérie Mahaut, du Parisien, édition nationale du lundi 9 juin 2008.
Longtemps en sommeil, l'enquête sur le décès d'un Malien mort après sa garde à vue au commissariat de Courbevoie (Hauts-de-Seine) rebondit. Les policiers pourraient être prochainement interrogés par une magistrate de Nanterre.
Le parquet vient de délivrer un réquisitoire supplétif permettant à la juge d'enquêter sur la mystérieuse disparition du dossier médical de la victime et sur la destruction d'une caméra de surveillance au commissariat, comme l'avait demandé M e Yassine Bouzrou , l'avocat de la famille du Malien.
Dans la soirée du 5 décembre 2004, Abou Bakari Tandia, 38 ans, est contrôlé non loin d'un foyer de travailleurs africains.
En situation irrégulière, il est placé en garde à vue au commissariat local. Celle-ci se passe normalement jusqu'à ce qu'une altercation éclate entre le Malien et certains policiers. Abou Bakari est fermement raccompagné dans sa cellule. Il ressortira du commissariat le lendemain pour être hospitalisé, plongé dans le coma, et décédera deux mois plus tard. Selon la version policière, il s'est cogné la tête contre les murs de sa cellule, peut-être pour éviter une reconduite à la frontière. Mais le rapport d'autopsie ne relève pas de lésion au crâne.
Qu'à cela ne tienne, l'enquête est rapidement classée.
Une lésion sur le thorax
Tenant à connaître la vérité, la famille du Malien dépose alors plainte avec constitution de partie civile pour « tortures et actes de barbarie ayant entraîné la mort », contraignant la justice à mener de nouvelles investigations. Un oncle est intrigué par une lésion sur le thorax d'Abou Bakari, qu'il a remarquée et photographiée lors d'une visite à l'hôpital. Face aux zones d'ombre entourant la garde à vue et le décès, la juge mandate l'Institut médico-légal pour expertiser le dossier médical et le rapport d'autopsie sommaire. Mais voilà, certaines pièces importantes du dossier ont disparu. Dans une note, la direction de l'hôpital de Colombes s'en étonne et précise avoir mené des recherches minutieuses mais vaines. «
Il semble improbable qu'il s'agisse d'un simple vol, observe Me Yassine Bouzrou. Quant à la caméra de surveillance, je me demande s'il est humainement possible d'arracher des fils à 4m de hauteur. D'autant qu'en cellule, il n'y a ni outil ni échelle ! L'enquête permettra de savoir qui, comment et pourquoi ces preuves font défaut. »
Le parquet vient de délivrer un réquisitoire supplétif permettant à la juge d'enquêter sur la mystérieuse disparition du dossier médical de la victime et sur la destruction d'une caméra de surveillance au commissariat, comme l'avait demandé M e Yassine Bouzrou , l'avocat de la famille du Malien.
Dans la soirée du 5 décembre 2004, Abou Bakari Tandia, 38 ans, est contrôlé non loin d'un foyer de travailleurs africains.
En situation irrégulière, il est placé en garde à vue au commissariat local. Celle-ci se passe normalement jusqu'à ce qu'une altercation éclate entre le Malien et certains policiers. Abou Bakari est fermement raccompagné dans sa cellule. Il ressortira du commissariat le lendemain pour être hospitalisé, plongé dans le coma, et décédera deux mois plus tard. Selon la version policière, il s'est cogné la tête contre les murs de sa cellule, peut-être pour éviter une reconduite à la frontière. Mais le rapport d'autopsie ne relève pas de lésion au crâne.
Qu'à cela ne tienne, l'enquête est rapidement classée.
Une lésion sur le thorax
Tenant à connaître la vérité, la famille du Malien dépose alors plainte avec constitution de partie civile pour « tortures et actes de barbarie ayant entraîné la mort », contraignant la justice à mener de nouvelles investigations. Un oncle est intrigué par une lésion sur le thorax d'Abou Bakari, qu'il a remarquée et photographiée lors d'une visite à l'hôpital. Face aux zones d'ombre entourant la garde à vue et le décès, la juge mandate l'Institut médico-légal pour expertiser le dossier médical et le rapport d'autopsie sommaire. Mais voilà, certaines pièces importantes du dossier ont disparu. Dans une note, la direction de l'hôpital de Colombes s'en étonne et précise avoir mené des recherches minutieuses mais vaines. «
Il semble improbable qu'il s'agisse d'un simple vol, observe Me Yassine Bouzrou. Quant à la caméra de surveillance, je me demande s'il est humainement possible d'arracher des fils à 4m de hauteur. D'autant qu'en cellule, il n'y a ni outil ni échelle ! L'enquête permettra de savoir qui, comment et pourquoi ces preuves font défaut. »
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