En 2005, Abou Bakari Tandia décédait après sa garde à vue.

Que s'est-il vraiment passé au commissariat de Courbevoie le 5 décembre 2004 ? Depuis plus de trois ans, la justice essaie de lever le voile sur un mystère jamais élucidé. Ce jour-là, Abou Bakari Tandia, 38 ans, Malien en situation irrégulière en France depuis 13 ans, est interpellé et conduit au commissariat de Courbevoie. Pendant sa garde à vue, il tombe dans le coma pour des raisons qui demeurent inconnues et est conduit à l'hôpital. Il y décédera le 25 janvier 2005.

Versions contradictoires

La police a toujours affirmé que le Malien s'était cogné la tête contre les murs de sa cellule pour ne pas être reconduit à la frontière. Une version contredite par les parties civiles, l'oncle et le frère d'Abou Bakari, qui mettent en avant des éléments troublants. La police aurait refusé de leur remettre les vêtements de la victime. Quand leur avocat, Me Bouzrou, demande la saisie, seuls un pantalon et un haut sans manches leur sont remis, alors que l'interpellation a eu lieu en décembre… Or, la famille est convaincue que la mort d'Abou Bakari est due à une blessure au thorax, une photo prise à l'hôpital montrant une plaie circulaire très nette. Les vêtements tachés se seraient alors volatilisés…

En mai 2008, l'avocat des parties civiles a demandé au parquet d'ouvrir une nouvelle enquête après avoir appris que les fils de la caméra de surveillance de garde à vue auraient été arrachés et que plusieurs documents ont disparu. Cet été, la copie de l'examen radiologique pratiqué en 2005 réapparaît mystérieusement sur le bureau du juge, et ne fait état d'aucune blessure à la tête... Un complément d'expertise en cours devrait faire apparaître certains détails troublants. Les parties civiles seront reçues aujourd'hui au tribunal de Nanterre par la magistrate.

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