Les conditions des gardes à vue telles qu'elles se tiennent en France sont régulièrement au coeur de toutes les polémiques.
L'annonce de leur nombre réel, bien supérieur aux chiffres officiels, avait fait scandale il y a quelques mois. Il a triplé en 5 ans et dépasse les 900 000 gardes à vue par an !

C'est pendant une garde à vue que Abou Bakari Tandia est tombé dans un coma mortel, il y a plus de 5 ans, dans des circonstances à ce jour non élucidées, puisque les affirmations policières ne concordent pas du tout avec les conclusions des médecins légistes. Un an après la remise du rapport définitif des légistes, la famille de Abou Bakari Tandia et l'association de soutien attendent encore que la juge d'instruction en charge du dossier agisse pour résoudre cette incohérence...

Il ne se passe guère une semaine sans qu'un citoyen choqué ne dénonce l'expérience traumatisante de la garde à vue dans laquelle il bascule brutalement, et pendant laquelle, au mieux, il s'est senti dépossédé de tous droits et dignité.

Alors ? Gardes à vue abusives ? Situations à hauts risques de dérapage et violence ? Zones et longues heures de non-droit indignes de notre société ?
"Outil nécessaire" aux enquêtes, répond la police.

En attendant, ce mardi 20 juillet, une délégation d'avocats plaide devant le Conseil constitutionnel pour faire évoluer les modalités de la garde à vue.

D'après Maître Charrière-Bournazel, ancien bâtonnier du Barreau de Paris et porte parole de cette délégation sur France Info ce jour, "la présomption d'innocence ne peut s'accommoder de mesures destinées à faire craquer les gardés à vue, et qui traitent les personnes comme si elles étaient déjà coupables".

Le Conseil constitutionnel devrait rendre sa conclusion dans un délai de 3 mois maximum. Son président annonce d'après la presse une réponse le 30 juillet.